Une exposition pour ne jamais oublier
Trois associations pour un travail de mémoire commun
Il connaît par cœur le numéro que lui avaient attribué les nazis allemands lors de son arrivée en 1943 au camp de Mittelbau-Dora. 40 250. Vincent Malerba, accompagné de son fils Jacques, était présent à l’hôtel de ville ce mardi 2 avril lors du vernissage de l’exposition sur l’histoire de ce camp de concentration, complétée par d’autres panneaux présentant le contexte de la manifestation du 11 novembre 43 et dressant le portrait de déportés isérois internés à Mittelbau-Dora. Co-organisée par le Graphe, les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation et les Amis du musée de la résistance et de la déportation, l’exposition fait vivre la mémoire des 60 000 déporté-es de toute l’Europe et dont 20 000 ne sont pas rentré-es, avec parmi eux de jeunes Isérois-es.
La haine de l'autre, un combat quotidien
Et donc, parmi eux, Vincent Malerba, chaudement remercié pour sa présence par Amandine Demore. « À l’heure où l’on entend des discours de haine banalisés, où le mot remigration n’indigne plus et que la fièvre brune s’empare de la population, nous faisons le choix d’entretenir une mémoire active. Le ‘‘plus jamais ça’’ est un combat quotidien, et la haine ne mène qu’à un seul chemin : la guerre. Notre responsabilité est grande aujourd’hui », formulait la maire. Dans le public venu découvrir l’exposition, des descendant-es de résistants échirollois et eybinois. Ils sont les « veilleurs », les passeurs de mémoire de ce qu’ont vécu ces hommes et ces femmes dans les camps nazis.
Le dernier survivant isérois de la déportation du 11 novembre 1943
De ces longs mois de travail forcé dans l’usine souterraine voisine Mitterlwerk où étaient assemblés les missiles V2 -grâce auxquels Hitler espérait reprendre le dessus sur les Alliés et gagner la guerre-, Vincent Malerba se souvient de la rudesse des kapos (chargés d'encadrer les prisonniers dans les camps) : « C’était pas de la rigolade avec eux, ils n’étaient pas commodes. Ils disaient, ‘‘Französisch kaput’’, et moi je leur répondais, comme ils ne comprenaient pas le français, ‘‘toi, kaput, connard’’ ». À la libération du camp, « c’était dur de raconter tout ça, relate Vincent Malerba. Mais ce que j’ai vécu, c’était pas des mensonges, c’est la vérité ». « Il a attendu ses 80 ans pour tout nous raconter », glisse son fils, qui l’accompagne, son livre autobiographique dans les mains et paru il y a un peu plus d’un an. Une vérité racontée ensuite par le docteur en histoire Laurent Thiery dans une conférence intitulée Le camp de concentration de Mittelbau-Dora : parcours de vies et itinéraires singuliers (1943-1945).
Les expositions sont gratuites et visibles durant les horaires d'ouverture :
- à l'hôtel de ville d'Échirolles jusqu'au 15 avril
- à la grange du château d'Eybens du 16 avril au 10 mai
avec une inauguration le 16 avril à 17h
Les prochaines conférences se dérouleront :
-
le 16 avril à 18h à la Grange du château à Eybens : « La manifestation patriotique du 11 novembre 43 à Grenoble : acte de Résistance et révélateur de la répression allemande »
Présentée par Olivier Vallade, historien et ingénieur au CNRS. Durée : 1 h.
Réservation conseillée à billeterie-spectacles@eybens.fr ou 04 76 62 67 47 - le 8 mai à 9h30 à la Grange du château à Eybens : « Portrait de 2 déportés résistants eybinois : Marius et Pierre Kioulou ». Présentée par Medhi Debza-Kioulou.